Athènes, la belle antique

Une ville d'art et d'histoire bel et bien vivante | O. Pivot

Berceau de la culture hellénistique, la cité d'Athéna possède aujourd'hui l'un des plus ancien et des plus beau patrimoine historique européen issu de l'Antiquité. Promouvant et préservant ses sites exceptionnels, la ville attire aujourd'hui des touristes du monde entier, venus contempler les fastes d'une civilisation révolue. Cependant, face à cette image de « ville figée dans le passé », que peuvent nous montrer les cartes postales, l'Athènes d'aujourd'hui lui oppose une réalité bien plus attrayante : celle d'une ville dynamique et vivante, qui a beaucoup plus à offrir et à faire découvrir que les ruines de son âge d'or. Traversée par des cultures différentes cohabitant harmonieusement ensemble, la ville offre à voir un paysage hétérogène et atypique, où les époques s’entremêlent ensemble, dans un méli-mélo architectural esthétique. Ainsi, cette balade à travers la ville et au fil des siècles permet aux curieux de découvrir la capitale sous un autre angle, et de s'imprégner des différentes ambiances de cette cité, aux quartiers aussi différents qu'attrayants.

 

Athènes est l'une des plus anciennes villes du monde, et a connu son apogée au Vème siècle avant Jésus Christ, lui permettant de développer et de faire rayonner la culture hellénistique sur l'ensemble du bassin méditerranéen. Forte de ce riche passé, la cité conserve aujourd'hui précieusement les ruines de son ancien âge d'or, qu'elle s'efforce de protéger et de restaurer face aux effets du temps et du tourisme de masse, dans un objectif patrimonial.

Essentiellement connue pour sa fameuse colline de l'Acropole, où se concentre les différents temples dévolus au culte d'Athéna et d'autres monuments remarquables, la ville cloisonne ses différents sites archéologiques du reste du tissu urbain, créant ainsi des enclaves d'espaces verts et de ruines, dévolus à l'histoire et la culture grecque. Cet isolement des zones historiques du reste de la ville est particulièrement visible depuis les hauteurs, et notamment depuis l'Areios Pagos (ou aéropage d'Athènes), la colline d'Arès qui surplombe l'Agora, ou encore depuis le Mont Lykavittos (ou Lycabette), constituant le point le plus élevé de la ville.

Néanmoins, même si le cœur historique d'Athènes concentre l'essentiel des sites antiques, tels que l'Acropole, l'Agora ou l'Olympieion d'Athènes (dit temple de Zeus), ses richesses ne se limite pas aux ruines antiques. En effet, son centre est également constitué des deux quartiers les plus anciens de la ville, à savoir celui de Monastiráki, l'ancien quartier turc, et celui de Pláka, en bas des pentes de l'Acropole. Ces deux quartiers anciens sont très différents car ils ne datent pas de la même époque, ce qui leur permet d'offrir une découverte culturelle d'Athènes au fil du temps, par le biais de petites ruelles atypiques, et de beaux bâtiments, datant soit de l'époque ottomane, soit du XIXème siècle, dans un style néo-classique. Ils constituent également les deux quartiers touristiques majeurs, et offrent par là même une ambiance festive et estivale. On peut notamment retrouver le fameux marché aux puces de Monastiráki, et les ruelles pittoresques en escaliers de Pláka, dans lesquelles s'installent les terrasses des cafés.

L'image de l'antique Athènes reste donc l'emblème phare de la ville auprès des touristes, car ses richesses sont uniques au monde ; cependant, un détour dans les autres quartiers de la ville offre une tout autre vision de la cité historique : loin de ses ruines certes, mais proche de la ville d'aujourd'hui.

 

Une fois les principaux sites touristiques visités, les touristes en oublient bien vite les autres aspects intéressants que la ville d'Athènes peut encore leur offrir, et passent leur chemin. Or, il s'avère grandement enrichissant de se balader dans les rues des quartiers athéniens, autres que les quartiers touristiques, si l'on veut se rendre réellement compte de l'ambiance de la ville et de la vie des Athéniens en général.

Comme toutes les grandes métropoles grandissantes, la ville d'Athènes a dû faire des choix urbanistiques plus ou moins réussis, et il est vrai que lorsque l'on s'engouffre dans ce que les Athéniens appellent la « ville nouvelle », les espaces verts manquent cruellement et les rues sont bétonnées. Néanmoins, il y existe un entre-deux, qui fait jonction entre les quartiers anciens et historiques et la « ville nouvelle », et ce dernier vaut le détour, car il donne à voir des aspects totalement différents de la ville d'Athènes d'aujourd'hui.

Le quartier le plus connu autour du centre historique est celui d'Exárcheia, dit aussi quartier anarchiste d'Athènes, en raison de son histoire et de ses engagements. En effet, bastion de la culture alternative et de l'anti-autoritarisme, ce quartier composé de gens de gauche et d'écologistes, a la réputation d'être très engagé sur la question des droits de l'homme. Cela se traduit notamment par une forte solidarité envers les réfugiés présents sur le sol athénien. Ce quartier possède également la particularité de regrouper de nombreux tags, souvent engagés et dénonçant des travers de la société, lui conférant ainsi une esthétique unique, qui s'ajoute à l'ambiance contestataire des lieux. Le quartier d'Exárcheia propose ainsi un voyage dans la culture du Street Art et de la rébellion athénienne, qui constitue un pan indissociable de l'histoire contemporaine d'Athènes.

A côté du quartier anarchiste se situe le quartier d'Omónia, avec sa célèbre place, qui constitue aujourd'hui l'un des centres névralgiques du réseau de transports en commun athénien. Autrefois l'une des plus importantes places d'Athènes et lieu de promenade des gens aisés, elle ne conserve aujourd'hui de cette époque phare que de jolis bâtiments de style néoclassique. C'est ainsi l'un des quartiers où l'on peut le mieux observer la vie quotidienne grecque, entre les déplacements des habitants et la présence de nombreux commerces très divers.

Plus au Nord du quartier d'Omónia se trouve le quartier d'Attiki, connu pour être le quartier migrant d'Athènes. Il regroupe de nombreuses structures d'aides et d'accueil des réfugiés, et donne à voir un quartier populaire à Athènes. Cet aspect peut sembler négligeable lors d'une visite touristique, néanmoins il permet de prendre conscience du rôle clé de la Grèce dans l'accueil et la prise en charge des réfugiés.

Enfin, à l'opposé de ce quartier populaire, on peut citer le quartier de Kolonáki, situé au Sud-Ouest du mont Lycabette. Considéré comme le quartier le plus huppé d'Athènes, il profite d'un cadre d'implantation exceptionnel, et dispose de nombreux espaces verts, lui donnant un aspect très végétalisé. Il concentre également de nombreux bâtiments officiels, comme le Parlement, le Palais présidentiel et différentes ambassades, et propose des services et magasins luxueux, destinés à une clientèle aisée. Néanmoins, et grâce à son atmosphère paisible et bourgeoise, il propose une visite agréable dans l'un des plus jolis quartiers néo-classiques d'Athènes.

Ces atmosphères et ces quartiers divers d'Athènes permettent ainsi aux touristes de visiter la ville, la vraie, et de s'imprégner de la culture grecque, qui ne saurait se résumer uniquement à ses ruines majestueuses.

La ville d'Athènes a donc bien plus à offrir aux touristes que les vestiges d'une époque révolue, puisque cette cité riche en art et en histoire n'a pas arrêté de vivre après son apogée antique. Aujourd'hui capitale de la Grèce, la ville se veut être la vitrine du pays, et offre ainsi la possibilité aux touristes de découvrir son histoire au fil de ses quartiers, et de s'immerger pleinement dans sa culture passée et actuelle.