Les effets de la crise

Une crise aux conséquences visibles | P. Debard


Quand le regard se perd dans une ruelle | Crédits : P. Debard

 

Athènes est une ville que j’ai beaucoup apprécié. Me balader dans les rues était un réel plaisir. Nous étions loin des villes occidentales où tout est ordonné. Ici, les trottoirs sont carrelés, puis bétonnés, puis il n’y a plus de trottoirs, et de nouveau, un petit bout de carrelage niché dans un trou. Cela est notamment dû au fait que la crise de 2008 a fait des ravages. On trouve des sans-domicile fixe dans de nombreux les coins de rues, l’éclairage public est présent de façon aléatoire et de nombreuses planches de différentes matières servent de porte vers les caves des bâtiments. Les chats errants se baladent dans la ville à leur gré. Des déchets de tous types jonchent les rues, et il n’est pas rare de trouver une parcelle en chantier au milieu d’un paysage idyllique. Les pouvoirs publics ne s’occupent plus réellement de l’espace, et la liberté d’expression a repris les murs à son compte.

 

De nombreux tags et affiches couvrent l’espace d’Athènes, que ce soit des revendications politiques, des événements culturels mais aussi des tags plus traditionnels, et surtout, beaucoup de street-art. Les artistes se sont réappropriés la ville, Athènes apparaît alors comme une ville appartenant à ses citoyens. Tout ou presque a été repris en main par la population, preuve que lorsque l’Etat est absent, la solidarité peut prendre le relais.

 

 


Le street art d'Athènes | Crédits : L. Magniez