Les réfugiés

Refugees Welcome ! | H. Campigli

La situation migratoire en Grèce, et par extension à Athènes est alarmante depuis le début de ce qui est appelé la « crise migratoire », qu’on peut dater au début des années 2010. Le pays se trouve en effet dans une position géographique de porte d’entrée vers l’Europe, notamment pour les réfugiés venant de Syrie, d’Egypte, du Pakistan ou encore de certains pays des Balkans. Ce n’est pas tant sa situation dans l’espace qui est problématique, mais plutôt les politiques migratoires mises en place par l’Union Européenne, qui imposent une vision déshumanisée de la frontière vue comme une forteresse. Les centres de rétention deviennent la norme, et les réfugié.e.s sont systématiquement criminalisé.e.s.

 

Des quelques discussions que nous avons pu avoir avec des personnes en train d’effectuer une migration, il est ressorti que le passage en Grèce, au départ une simple étape finit souvent par s’éterniser, notamment à cause de la lenteur du traitement des demandes. Cela découle notamment du fait que l’Union Européenne fait reposer le poids des accueils migratoires sur les quelques pays côtiers de la Méditerranée. La question de la temporalité semble donc assez primordiale, l’étape voulue comme temporaire se transformant en séjour indéfini subi. Et encore plus qu’ailleurs, le pays semble se diviser : aux réactions xénophobes qui fleurissent avec notamment le parti fasciste Aube Dorée, certains citoyens et militants opposent des valeurs de solidarité et d’accueil pour tou.t.e.s. Nous avons d’ailleurs pu constater les tensions qui règnent autour des enjeux touchant l’Etat grec et sa dimension nationaliste puisque se tenait à Athènes durant notre séjour une manifestation contre l’utilisation du nom « Macédoine » par le petit pays des Balkans.

 

Là où les Etats se désistent, abandonnent les réfugié.es., et pire tentent de criminaliser les solidarités, des citoyen.n.e.s prennent les choses en main et trouvent des hébergements, ouvrent des squats et militent pour le respect des droits humains fondamentaux. C’est donc à eux, à nous, de promouvoir une autre vision des rapports à la frontière et aux réfugié.e.s. Refugees welcome !