Compte-rendu n°3

Mardi 6 Février 2018 | J. Lalante

Nous nous réveillons à 9h00 ce jour pour partir à l’ascension du Mont Lycabette et ses 277m. Le départ est prévu à 10h00. Nous partons à pied et traversons le quartier Kolonaki qui est un quartier huppé de la ville avec de grandes propriétés le long de rues bordées d’orangers en fruits. Nous arrivons au sommet et pique-niquons sur place, en profitant de la vue a 360° sur Athènes, surplombés d’un ciel sans nuages.

A 13h, le groupe se sépare en 3 pour l’après-midi, nous nous retrouverons à 16h au City Plaza.

 

Le premier groupe, composé de Rémina, Hannah, Ali et Hugo, se dirige vers le quartier d’Exarchia (Quartier “Alternatif” voire “Anarchiste” de la ville). Ils rencontrent des solidarians dans le squat Khora (Qui n’est pas vraiment un squat d'ailleurs car un loyer est payé),

Ils reçoivent un bon accueil par les responsables du squat et ont droit à une visite guidée des locaux (ils construisent actuellement un lieu d’entreposage pour les donations). Ces locaux sont donc loués et le statut d’association est en cours de réalisation. Au sein du squat, les familles disposent d’un espace enfants, un espace réunion, un espace d’activités récréatives, un réfectoire, un espace réservé aux femmes (le nombre de femmes est en augmentation dans le squat grâce à cet espace), un « roof-top » et un jardin. Des traducteurs sont également disponibles sur place si besoin.

Le “squat” Khora est intégré au réseau d’aide aux migrants athénien. En ce sens, les responsables des lieux sont en lien avec des ONG et d’autres lieux de solidarité d’Athènes et organisent des réunions régulières pour coordonner leur action.  Après cette rencontre, le groupe visite le quartier d’Exarchia puis tente une approche au squat « Notara 26 ». Ils obtiennent un rendez-vous pour 20h le jour même. Parallèlement, Hannah rencontre Chloé et convient d’un rendez-vous pour le lendemain.  

 

De son côté, le second groupe, composé d’Ornella, Amadou et Julien, se dirige vers l’Agora d’Athènes. La marche à travers les différents quartiers est intéressante par son hétérogénéité. En effet, le quartier Kolonaki situé juste en contrebas de la colline contraste largement avec les autres quartiers plus populaires. Parmi ces quartiers, certains sont uniquement peuplés d’immigrés. Nous empruntons certaines rues dans lesquelles nous voyons uniquement des hommes, majoritairement originaires du Bangladesh ou du Pakistan. Les pratiques des pays d’origine sont reproduites, comme les systèmes de transports (Tuk-Tuk, Rickshaw) et la vente de denrées alimentaires à même le sol. Ces quartiers apparaissent particulièrement dégradés au niveau du bâti et presque abandonnés des services de nettoyage de la ville. Enfin, le groupe visite l’ancienne Agora d’Athènes puis se dirige vers le City Plaza pour la réunion d’information prévue à 16 heures.

 

Le troisième groupe, composé d’Ophélie, Louna, Ploypailin, Marie et Lubin, se dirige vers le quartier d’Exarchia, via Kolonaki. A Kolonaki, les résidences huppées sont surveillées par des gardiens, ce qui n’est pas sans rappeler le phénomène des “gated communities”. A l’arrivée à Exarchia, le contraste est marqué, le quartier est visiblement “alternatif”, on peut y voir de nombreux affichages militants et des cafés associatifs. Le groupe entame une observation attentive des pratiques des migrants sur la place Exarchia, qui est un lieu de rendez-vous des migrants, le soir, pour se retrouver et discuter. Des informations sont recueillies sur leurs pratiques de l’espace et sur leurs interactions sociales dans ce lieu public. Le groupe se dirige ensuite vers le City Plaza pour la réunion d’information.

 

A 16h, les groupes 2 et 3 se rejoignent devant le City Plaza pour la réunion d’information.

Ils rencontrent Nassim, un migrant devenu solidarian au sein du squat. La réunion débute sous la direction de Cholé et Maria, toutes deux solidarians. Le  sujet central de la réunion porte sur la gestion du squat et sur le travail réalisé par les volontaires dans la structure. Suite à cette réunion, les groupes rencontrent Mohsen, un migrant Afghan de 25-30 ans environ, arrivé 22 mois auparavant sur l’île de Samos. Il est logé au City-Plaza depuis 3 mois et bénévole dans le squat « Khora » depuis 3 mois en tant qu’interprète. Une carte mentale est réalisée par Mohsen, qui cartographie sa pratique de l’espace athénien.  Par ailleurs, il indique notamment qu’il est dans un état de fatigue extrême dû à ses activités de bénévolat et qu’il a abandonné la pratique de sa religion.

 

A 20h, Ornella, Ophélie, Amadou, Ali et Julien se dirigent vers le squat Notara 26 pour assister à l’assemblée générale du squat, pour laquelle le rendez-vous a été pris la veille.  Nous sommes accueillis par les solidarians dans une ambiance relativement grave. Une certaine méfiance à notre égard est ressentie et notre présence semble soumise à question. En effet, nous imaginons que la situation d’illégalité dans laquelle se situent les bénévoles en squatant les lieux les poussent à se méfier de toute personne qui pourrait divulguer des informations sur leurs activités. Les bénévoles commencent par nous sommer de ne pas prendre de notes et nous demandent des renseignements précis sur notre présence.

Toutefois, le groupe a la possibilité de se présenter devant l’assemblée, en évoquant les raisons de sa présence. La présentation dure un certain temps puisqu’elle doit être traduite successivement en 3 langues différentes pour la cinquantaine de réfugiés présents ce jour. Suite à cet échange, les solidarians décident de ne pas nous autoriser l’accès à l’assemblée générale. Nous partons donc sans informations mais un des bénévoles nous indique un autre squat dans la même rue, nous y allons de ce pas.

Nous arrivons au squat Spirou Trikoupi, nous sommes reçus par une réfugiée qui parle anglais et qui contacte pour nous la bénévole en charge de la gestion des lieux. Nous prenons rendez-vous avec elle pour le lendemain 14h

 

Ce jour là, les 3 groupes restent séparés jusqu'au retour à l'auberge, aux environs de 22h.

 

 

 

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