Compte-rendu n°4

Mercredi 7 Février 2018 | P. Debard

Ce matin, notre compagnion de route, Hugo, est reparti pour Lyon (Emploi oblige). Au petit-matin, nous avons pris notre petit déjeuner dans la salle commune et avons terminé le compte-rendu de la veille tant la fatigue nous avait accablé la veille au soir. Nous nous sommes répartis naturellement en groupe pour le travail :

 

Groupe 1 : Hannah, Ploy & Rémina

 

Nous nous sommes baladées à la Plaka jusqu'au Social Center Victoria pour notre RDV à 12h30. Nous avons pu assister au cours d'anglais d'une amie, Imogen. A la fin, quelques migrants ont accepté de nous accorder un peu de temps. L'un d'entre eux s'est adressé à Hannah mais n'a dicuté qu'une dizaine de minutes, regrettant de ne pouvoir en dire plus à une femme.

4 autres migrants ont discuté avec nous, grâce à l'un d'entre eux notamment qui a traduit le farci en anglais et vice versa. Ils nous expliqué leur chemins de vie, pourquoi ils étaient là, pourquoi ils ne pouvaient partir, leurs projets (Retrouver, avec son grand-père, sa grand-mère en Allemagne, faire des études de langues à Paris, offrir des meilleures conditions de vie à ses enfants etc.) mais également le réseau qu'il entretenait ici à Athènes : cours d'anglais et de grec, centre médical, centre d'aide juridique, école des enfants, travail... Ces 4 hommes nous ont beaucoup remercié de les avoir écouté et de nous êtres intéressés à eux, mais ils avouent tout de même qu'ils ne voient pas de changement dans leur vie, malgré le fait qu'ils discutent parfois avec des bénévoles.

Nous avons ensuite mangé avec Imogen, qui nous a expliqué sa vie de bénévole à Athènes (Notamment la difficile position de bénévole auprès de réfugiés et sa facilité à se déplacer en Europe) et avons parcouru le musée national d'archéologie.

Ensuite, nous nous sommes baladé dans le quartier de La Plaka, profitant alors de faire de l'observation participative.

 

Groupe 2 : Lubin, Louna, Marie, Ophélie

 

Nous sommes partis à l'ancienne Agora pour visiter, étant donné que c'était le centre-ville/lieu de rencontre à l'époque (Fontaine, tribunal etc.) Nous sommes remonté jusqu'à Attiki (CPH quartier) et nous sommes arrêtés pour manger. Nous en avons profiter pour préparer nos questions pour l'entretion que nous allions avoir avec la psychologue à 14h30.

A 14h30, nous avions donc RDV avec la psychologue du JRS (Jesuit Refugees Service). Nous avons été accueillie par Angela dans la "Quiet Room', c'est-à-dire la salle des femmes et des enfants, pieds nus. Elle nous a parlé de l'histoire du quartier, accusant les grecs d'avoir délaissé le quartier. Pour sa part, elle est partie travailler en France, puis au Luxembourg. Elle gagnait beaucoup d'argent, mais se sentait malheureuse, notamment depuis la crise de 2008 et le fait que ses amis perdait du pouvoir d'achat. Elle a donc décidé de tout abandonner pour revenir en Grèce. Elle n'est pas croyante, mais a été engagée par le JRS, étant déjà dans un groupe associatif de mère-bébé dans le quartier de Victoria auparavant. Elle y travaille depuis 1 an et nous explique que le JRS a été créée, à la base, pour les étudiants en théologie en Grèce. Le père Maurice, qui dirige la communauté francophone catholique du quartier, a décidé d'ouvrir les chambres aux familles, depuis la crise notamment (40 familles actuellement dans les appartements du JRS). Il y a un mélange d'employé et de volontaire dans l'association, qui est bénéfique : les volontaires amènent de la vitalité et les employés servent de bloc sûr. Chaque personne qui arrive est, ici, vu avec un interprête professionnel : est demandé l'histoire personnelle avant la catastrophe, l'arbre généalogique, les raisons du départ, le voyage et ses conditions, les projets, les espoirs etc.

Le but n'est pas que les réfugiés restent, mais dès lors qu'ils trouvent un job ou un asile, il y a une volonté de la part de l'association de les pousser à s'intégrer et ainsi laisser la place à quelqu'un d'autre. L'association JRS refuse de faire du prosélytisme.

Le Square Victoria était complètement plein lors de la crise migratoire, nous avons vu une photo de l'époque en attestant. Un groupe d'ONG et d'asso a été crée : le Victoria Commity. Le critique des grandes ONG est toujours présentes (Sauf MSF), elles ne feraient rien sur le terrain, comme par exemple l'UNHCR. Les ONG étant en train de quitter le terrain, elles délèguent alors à des associations plus locales. Le JRS avait des relations avec les squats, mais les lieux ont évolué et ont parfois été dégradés, d'où un éloignement dans les relations. A la Jasmin School, la mafia gérait et récupérait l'argent, c'est un exemple de dérive des squats.

Les squats sont liés aux histoires politiques de la Grèce. Le "Bordel grec" a permis les initiatives de squats car la police ne vient pas les gêner. De plus, les anarchistes ont permis l'arrêt des meutres de réfugiés.

Nous avons pu visiter l'étage des locaux, destiné à l'habitation (Dans une chambre pour une personne, on en place parfois 5). Il y a des bénévoles de toutes nationalités, notamment portugais et français.

 

Groupe 3 : Julien, Amadou, Ornella

 

Nous avons visité l'ancienne Agora pendant 1 heure, puis nous avons mangé avant notre RDV de 14h au squat Spirou Tripikou. Pour les tâches ménagères, le planning tourne. Il y a également une sécurité 24/24h organisé par les migrants (Question d'égalité : tout le monde fait de tout). Il n'y a pas de réelles douches, la propreté est moyenne mais tout ça reste insuffisant pour les 100 personnes qui vivent ici jours & nuits.

L'organisation a l'air plus flexible qu'ailleurs : les règles sont différentes, la solidarité est vraiment présente : cela fonctionne comme une communauté, avec une assemblée chaque semaine. L'association qui s'y est montée fonctionne par don, notamment des gens du quartier, mais pas par aide d'ONG ou de l'Etat.

Le squat n'a pas particulièrement de relation avec les autres squats, mais lors d'un projet commun, il existe des liens (Ex : organisation d'une olympiades de football pour les enfants). Tous les enfants sont d'ailleurs scolarisés et les parents suivent des cours de langues. Il existe ici une pluralité de nationalité : Congo, Syrie etc. Certains migrants travaillent, la plupart au black, faute d'avoir autre chose. Anna, une bénévole madrilène de 25 ans, gère la pharmacie car fait des études de médecin et aide à tous types de tâches. Elle nous a aidé à comprendre le fonctionnement du lieu.

Nous sommes également allé voir des migrants sénégalais qui vendaient des babioles dans la rue. L'un d'entre eux est ici depuis 15 ans grâce à un visa. A leur arrivée, ils ont eu un entretien pendant plusieurs mois pour voir s'ils pouvaient être acceptés en Grèce. Avec l'ancien président, ils avaient des problèmes quant à leurs ventes dans la rue (Les policiers venaient prendre leur affaire chez eux), mais depuis le nouveau président, ce genre d'incidents n'arrive plus.

De plus, les étudiants ont un mouvement qui aide les migrants : tant que ceux-ci ont cours, les migrants peuvent vendre, c'est-à-dire que pendant les week-end et les vacances, ils ne peuvent pas. En effet, en cas de présence policière, les étudiants viennent en renfort (Mouvement comptabilisant environ 2000 étudiants). Cette solidarité est également dû à la réticence des étudiants face aux policiers depuis des affrontements ayant fait des morts du côté des étudiants.

Le migrant Gambien, le plus agé, nous a dit qu'il n'était pas bien en Grèce, mais que c'était toujours mieux que chez lui. Un migrant mauritanien a quant à lui expliqué que cela faisait 15 ans qu'il était bloqué : il n'a pas la nationalité grecque mais ne peut rentrer chez lui.

Les entretiens se sont déroulés en Wallow, Hassania et en Poula grâce à notre camarade Amadou qui a servi d'interprète.

 

Les différents groupes sont rentrés progressivement à l'auberge, puis nous avons fait une réunion pour débriefer sur nos journées, et ainsi écrire le compte-rendu.

 

 

 

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